Finances & patrimoine

Suspension de la réforme des retraites : est-ce le moment idéal pour anticiper son départ à la retraite grâce au gel de l’âge légal ?

Sylvie Girard 20 min de lecture

La suspension de la réforme des retraites ouvre une fenêtre de départ plus tôt pour certaines générations, en particulier les personnes nées en 1964 et 1965. Le gel de l’âge légal peut faire gagner trois à six mois, mais une date de départ avancée ne produit pas toujours la pension la plus élevée.

En bref

  • Les assurés nés en 1964 et 1965 peuvent profiter d’un âge légal de départ moins élevé selon leur mois de naissance.
  • Un départ en décembre 2026 exclut l’année 2026 du calcul des 25 meilleures années du régime général.
  • Le vrai sujet reste le taux plein. Sans tous les trimestres validés, quelques mois de travail peuvent réduire une décote.
  • Le cumul emploi-retraite devient moins souple à partir de 2027, ce qui peut modifier l’arbitrage entre départ immédiat et poursuite d’activité.

Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir

Situation Effet possible de la suspension Point à vérifier avant la demande
Naissance en février 1964 Départ possible dès décembre 2026, à 62 ans et 9 mois Le départ antérieur prévu se situait en mars 2027
Carrière avec trimestres manquants Trois mois travaillés peuvent réduire la décote Comparer le nombre de trimestres au seuil exigé pour le taux plein
Année 2026 parmi les meilleurs salaires Un départ en fin d’année peut diminuer le salaire annuel moyen L’année de départ est écartée des 25 meilleures années
Projet de reprise d’activité Un départ avant 2027 peut préserver des règles de cumul plus favorables Vérifier le cumul emploi-retraite avant de liquider ses droits

La mise en pause du relèvement progressif de l’âge légal de départ modifie le calendrier de plusieurs générations proches de la retraite. La réforme des retraites de 2023 avait fait passer l’âge légal de 62 à 64 ans, par paliers. La suspension annoncée pour les retraites prenant effet à compter du 1er septembre 2026 freine ce mouvement et ramène certains assurés à une borne d’âge moins élevée.

Le changement ne concerne pas tous les salariés de la même manière. Une personne née en février 1964 peut désormais déposer un dossier pour un départ à la retraite prenant effet le 1er décembre 2026, à 62 ans et 9 mois. Avec le calendrier précédent, elle aurait dû attendre le 1er mars 2027. Le gain atteint trois mois dans cette situation, ce qui représente trois pensions versées plus tôt et trois mois de salaire en moins.

Les personnes nées en 1965 peuvent aussi bénéficier de cette suspension, avec un écart qui peut aller jusqu’à six mois selon la date de naissance et les règles applicables à leur génération. Le dispositif s’inscrit dans une politique sociale qui ne modifie pas la formule de calcul des pensions. Le régime général continue de calculer la retraite de base à partir du salaire annuel moyen, du taux de liquidation et de la durée d’assurance validée.

Le gel de l’âge légal ne donne pas automatiquement droit au taux plein. Il autorise un départ plus tôt, sous réserve d’accepter une décote lorsque le nombre de trimestres exigé n’est pas atteint.

Cette distinction évite une confusion fréquente. L’âge légal de départ correspond à l’âge minimal auquel une demande peut être déposée. Le taux plein dépend, lui, des trimestres figurant sur le relevé de carrière. Une personne peut donc avoir atteint son nouvel âge légal tout en restant exposée à une minoration définitive de sa retraite de base, sauf à attendre l’âge du taux plein automatique ou à poursuivre son activité.

Pour les salariés du privé, les indépendants relevant du régime général et les assurés ayant cotisé à plusieurs régimes, le bon document reste le relevé individuel de situation disponible sur le portail officiel Info-retraite. Il faut contrôler chaque année civile, les salaires reportés, les trimestres assimilés pour chômage ou maladie et les périodes de congé parental. Quatre trimestres au maximum peuvent être validés par année, même si le salaire est très élevé.

Une carrière longue obéit à une autre logique. Elle permet une retraite anticipée avant l’âge légal de départ si l’assuré a commencé à travailler jeune et réunit le nombre de trimestres cotisés demandé. Les trimestres cotisés ne recouvrent pas exactement les trimestres validés. Certaines périodes assimilées sont retenues dans des limites précises. Les règles relatives aux départs avant 60, 61 ou 63 ans doivent donc être examinées avec la Carsat, et non déduites du seul âge affiché par un simulateur.

Les mères et pères ayant interrompu ou réduit leur activité ne doivent pas oublier les majorations de durée d’assurance. Huit trimestres au maximum peuvent être attribués par enfant selon les règles de maternité, d’éducation, d’adoption et de congé parental. Ces droits peuvent permettre d’atteindre le taux plein, même s’ils ne suffisent pas toujours pour remplir les conditions de départ anticipé carrière longue. Les règles sur les enfants sont détaillées dans ce guide sur la retraite anticipée avec enfants.

La suspension ne doit donc pas être lue comme une permission générale de partir au plus vite. Elle crée une nouvelle date possible. Entre cette date et la date suivante, il faut mesurer la pension perdue ou gagnée, les droits familiaux mobilisables et les projets professionnels de la fin de carrière.

Calcul de la pension avec un départ à la retraite avancé en 2026

Le salaire annuel moyen est le premier point à contrôler lorsque le gel de l’âge légal rend un départ possible en décembre 2026. Pour les salariés du régime général, la retraite de base est calculée sur les 25 meilleures années de revenus revalorisés. L’année du départ à la retraite est exclue du calcul, même si l’activité a été exercée pendant onze mois.

Cette règle produit un effet discret mais durable. Un salarié qui liquide ses droits au 1er décembre 2026 ne verra pas son salaire de 2026 entrer dans ses 25 meilleures années. Si cette année était appelée à remplacer une ancienne année de faible rémunération, le salaire annuel moyen restera moins favorable pendant toute la durée de versement de la pension.

Le manque à gagner n’est pas théorique. Lorsque l’année 2026 permet d’écarter une année faiblement rémunérée, l’écart observé peut atteindre 15 à 20 euros bruts par mois sur la retraite de base. Sur vingt-cinq ans de retraite, 15 euros mensuels représentent 4 500 euros bruts. Le calcul ne doit pas s’arrêter à trois mois de pension versés plus tôt.

Un départ au 1er décembre 2026 peut exclure une année de salaire qui aurait amélioré la pension pendant plusieurs décennies.

Cette règle concerne la retraite de base. La retraite complémentaire Agirc-Arrco fonctionne différemment. Les cotisations versées en 2026 donnent des points, y compris si le départ intervient en fin d’année. Continuer à travailler augmente donc légèrement la complémentaire, mais l’effet est souvent limité lorsque le salarié possède déjà le taux plein et une carrière sans période creuse.

Le cas le plus sensible reste celui d’une personne née en 1964 qui atteint son âge légal à 62 ans et 9 mois sans avoir validé tous les trimestres requis. Si une pension est estimée à 1 500 euros par mois avec une décote, trois mois supplémentaires peuvent faire progresser le montant d’environ 50 euros mensuels, selon les évaluations communiquées par l’Agirc-Arrco. Le gain vient à la fois des trimestres acquis et des points complémentaires obtenus.

À l’inverse, une pension estimée à 2 000 euros mensuels à taux plein au nouvel âge légal évoluera peu après trois mois supplémentaires. La retraite de base ne reçoit pas de surcote avant le dépassement de l’âge légal et de la durée nécessaire au taux plein. Les trimestres travaillés en plus peuvent ajouter des points Agirc-Arrco, mais ils ne transforment pas une pension déjà liquidable à taux plein.

La formule du régime général mérite d’être gardée sous les yeux. La pension annuelle correspond au salaire annuel moyen multiplié par le taux, puis par le rapport entre les trimestres validés et les trimestres exigés. Le taux maximal est de 50 %. Lorsque des trimestres manquent, une décote réduit ce taux dans la limite de 20 trimestres. Cette minoration est définitive après la liquidation.

Le départ différé peut aussi ouvrir une surcote. Chaque trimestre civil travaillé au-delà de l’âge légal, dès lors que la durée d’assurance nécessaire au taux plein est atteinte, majore la retraite de base de 1,25 %. Il faut avoir travaillé le trimestre entier. Partir le 1er avril plutôt que le 1er décembre peut donc modifier le résultat, selon la date à laquelle les conditions du taux plein sont remplies.

La paie de fin de carrière mérite une vérification séparée. Une indemnité de rupture conventionnelle, des congés payés versés à la sortie, une prime exceptionnelle ou une indemnité de départ ne donnent pas tous les mêmes droits. Seuls les éléments soumis à cotisations retraite alimentent les droits. Une prime affichée sur le bulletin ne signifie pas automatiquement qu’elle améliore le salaire annuel moyen ou le nombre de points.

Le bon réflexe consiste à comparer des dates précises plutôt qu’un vague départ « autour de 63 ans ». Le simulateur M@rel d’Info-retraite permet d’enregistrer plusieurs hypothèses, tandis que l’estimation indicative globale donne une première base. Pour un dossier comportant chômage, maladie, travail à l’étranger ou plusieurs régimes, la Carsat doit confirmer les droits avant toute rupture de contrat.

Trimestres validés, décote et conditions de départ après la mise en pause

Le nombre de trimestres est le second filtre à appliquer après l’âge légal. La suspension de la réforme des retraites rend une date de liquidation accessible plus tôt, mais ne crée pas les trimestres qui manquent au relevé de carrière. Cette différence explique pourquoi deux salariés nés le même mois peuvent avoir intérêt à prendre des décisions opposées.

Les trimestres validés sont obtenus par le montant du salaire soumis à cotisations, et non par le nombre de mois effectivement travaillés. En 2026, le seuil retenu pour valider un trimestre correspond à 150 fois le Smic horaire brut en vigueur au 1er janvier. Un emploi saisonnier ou une forte rémunération au premier trimestre peut donc permettre de valider quatre trimestres avant l’été. La limite reste fixée à quatre par année civile.

Les périodes sans emploi peuvent aussi ouvrir des droits. Le chômage indemnisé, les arrêts maladie, l’invalidité, le congé maternité et certains dispositifs d’activité partielle donnent lieu à des trimestres assimilés. Ils figurent parfois tardivement sur le relevé, surtout lorsqu’un changement d’employeur, une liquidation judiciaire ou une période ancienne a compliqué les déclarations sociales.

Une décote ne porte pas seulement sur quelques euros. Elle diminue définitivement le taux de calcul de la retraite de base tant que le taux plein n’est pas acquis.

La vérification doit commencer au moins six mois avant la date envisagée. Sur le portail Info-retraite, il faut télécharger le relevé de carrière, relever les années sans quatre trimestres et rapprocher ces données des bulletins de salaire, attestations France Travail et décomptes d’indemnités journalières. Une correction est possible, mais un dossier incomplet traité à la dernière minute peut retarder le premier paiement.

  • Demande le relevé de carrière et vérifie les années de début d’activité, car elles déterminent souvent l’accès à une retraite anticipée pour carrière longue.
  • Contrôle les périodes de chômage, maladie et maternité avec les attestations disponibles, surtout lorsque les années concernées sont antérieures à la dématérialisation.
  • Compare le total de trimestres avec le seuil indiqué sur ton estimation retraite, sans confondre durée d’assurance et durée cotisée.
  • Adresse une demande de régularisation à la Carsat avec les justificatifs numérisés lorsque des salaires ou des périodes assimilées manquent.

Les fonctionnaires ne relèvent pas du calcul des 25 meilleures années. Leur pension civile repose principalement sur le traitement indiciaire détenu depuis au moins six mois, avec des règles spécifiques pour les bonifications et les services actifs. La suspension et le gel de l’âge légal peuvent les concerner, mais l’examen doit se faire sur l’espace retraite de leur administration ou auprès du Service des retraites de l’État, de la CNRACL ou de leur caisse compétente.

Les indépendants affiliés à la Sécurité sociale des indépendants relèvent, pour la retraite de base, de règles proches du régime général. Ils doivent toutefois vérifier les revenus déclarés et les cotisations effectivement appelées. Une année de revenu faible peut ne pas valider quatre trimestres, même lorsque l’activité a occupé toute l’année. Les régularisations comptables tardives doivent être traitées avant la liquidation.

La retraite progressive mérite aussi d’être étudiée lorsqu’un départ complet paraît trop coûteux. Elle permet de travailler à temps partiel tout en percevant une fraction de ses pensions, sous conditions d’âge et de durée d’assurance. Le salarié continue d’acquérir des droits, et l’employeur peut accepter une cotisation sur la base d’un temps plein. Le fonctionnement détaillé figure dans ce dossier sur la retraite progressive.

Les conditions de départ ne s’arrêtent pas aux trimestres. Une personne en arrêt de travail, en incapacité permanente ou exposée à une invalidité peut relever de départs anticipés distincts. Ces dossiers demandent des justificatifs médicaux et administratifs précis. Le service retraite compétent doit être sollicité avant de signer une rupture de contrat, car la date d’effet ne se corrige pas facilement une fois la pension attribuée.

La demande de retraite doit être déposée environ cinq mois avant la date souhaitée afin de coordonner régime de base et complémentaires. Cette démarche ne vaut pas démission. Le contrat de travail doit être rompu ou aménagé selon les règles du droit du travail, avec un préavis, une mise à la retraite par l’employeur ou une autre modalité formalisée.

Anticipation du départ à la retraite et choix entre décembre 2026 et 2027

L’anticipation consiste à mettre en concurrence plusieurs dates et non à retenir automatiquement la première autorisée. Pour un assuré né en février 1964, trois simulations ont du sens. La première porte sur le 1er décembre 2026, la deuxième sur le 1er mars 2027 et la troisième sur le 1er avril 2027. Elles permettent de mesurer le coût ou le gain du départ avancé, puis d’identifier l’effet d’un trimestre supplémentaire.

La comparaison doit porter sur le montant brut mensuel, mais aussi sur la somme totale reçue pendant les premiers mois. Partir en décembre procure trois mensualités avant mars. Attendre peut améliorer le salaire annuel moyen, apporter des points Agirc-Arrco et réduire une décote. Il faut comparer un revenu immédiat avec une pension plus élevée chaque mois, sans oublier le niveau du salaire net qui disparaît au moment de la liquidation.

Trois mois de pension versés plus tôt ne compensent pas toujours une pension réduite de 15 ou 20 euros par mois pendant vingt-cinq ans.

Le tableau de décision peut rester simple. Il suffit de noter la pension estimée à chaque date, le nombre de trimestres acquis, les points complémentaires, la présence ou non d’une décote et la place de l’année 2026 parmi les meilleurs revenus. Cette méthode évite de décider à partir du seul âge légal de départ, qui n’est qu’une condition d’ouverture des droits.

Date de départ comparée Élément favorable Élément à contrôler
1er décembre 2026 Versement de pension avancé et règles de cumul encore applicables avant 2027 Exclusion de l’année 2026 des 25 meilleures années
1er mars 2027 Trois mois de salaire et de points complémentaires supplémentaires La pension n’augmente réellement que si des trimestres ou une meilleure année comptent
1er avril 2027 Possibilité de valider un trimestre supplémentaire et d’ouvrir une surcote La surcote suppose déjà l’âge légal et la durée d’assurance requise

Le revenu fiscal doit entrer dans la comparaison. Une pension de retraite est imposable après l’abattement de 10 % appliqué aux pensions du foyer, dans les limites fixées chaque année par l’administration fiscale. Le salaire, lui, peut inclure des primes, des heures supplémentaires ou une indemnité de fin de carrière. Le dernier bulletin de paie et le premier avis d’impôt après liquidation montrent parfois un écart plus fort que prévu.

Les prélèvements sociaux changent aussi la lecture du montant net. La CSG sur les pensions dépend du revenu fiscal de référence du foyer et peut être appliquée à plusieurs taux, avec des mécanismes de seuil. La pension Agirc-Arrco est également soumise aux prélèvements sociaux. Une estimation exprimée en brut ne permet donc pas, à elle seule, de construire un budget mensuel fiable.

La complémentaire santé doit être anticipée avant la rupture du contrat. La portabilité gratuite de la mutuelle d’entreprise concerne principalement les demandeurs d’emploi indemnisés après une rupture ouvrant droit à l’assurance chômage. Un départ volontaire à la retraite ne la déclenche généralement pas. Beaucoup découvrent tardivement le prix d’une mutuelle individuelle après 60 ans, souvent supérieur à la cotisation prélevée sur le bulletin de salaire.

Le droit à l’indemnité de départ dépend du mode de rupture. Un salarié qui part volontairement à la retraite peut recevoir l’indemnité légale ou conventionnelle prévue. Une mise à la retraite par l’employeur obéit à des règles distinctes et peut donner lieu à une indemnité plus élevée. Le calendrier doit être calé avec le préavis et la date d’effet retenue par les caisses, fixée le premier jour d’un mois.

Un PER ne doit pas être dénoué mécaniquement pour compléter les mois précédant la pension. Après 60 ans, sa sortie en capital est imposée selon l’origine des versements, et les sommes déduites à l’entrée sont réintégrées à l’impôt sur le revenu. Le PER perd souvent de son intérêt lorsqu’il sert simplement à financer une attente de quelques mois. Une assurance vie de plus de huit ans offre fréquemment davantage de souplesse pour une sortie ponctuelle.

La bonne date est donc celle qui tient ensemble pension, fiscalité, couverture santé et droits du contrat de travail. Le calendrier politique donne une possibilité nouvelle, mais le calendrier financier reste personnel et chiffré.

Cumul emploi-retraite et retraite anticipée avant le durcissement de 2027

Le cumul emploi-retraite devient un sujet central pour les personnes qui envisagent de liquider leur pension dès que la suspension le permet, puis de reprendre une activité. Le principe paraît simple. Une pension est versée tandis qu’une activité salariée ou indépendante procure un revenu complémentaire. Les conditions diffèrent pourtant selon que le retraité bénéficie du taux plein ou non.

Le cumul intégral exige la liquidation de l’ensemble des pensions de retraite de base et complémentaires auxquelles l’assuré a droit, en France comme à l’étranger lorsque ces régimes sont concernés. Il faut aussi avoir atteint l’âge légal applicable et disposer du taux plein. Dans ce cas, la reprise d’activité ne fait pas l’objet d’un plafond de revenus dans le régime général.

Le cumul plafonné s’applique lorsque ces conditions ne sont pas réunies. Le total des pensions et du revenu d’activité ne doit pas dépasser un plafond. En cas de dépassement, la pension peut être réduite ou suspendue. Reprendre un emploi sans avoir vérifié ce mécanisme peut transformer un complément de revenu attendu en situation administrative difficile à régulariser.

Le départ avant 2027 peut présenter un intérêt pour une reprise d’activité, car les règles du cumul emploi-retraite doivent devenir plus restrictives à partir de cette date.

La réforme annoncée pour 2027 prévoit un encadrement accru de la reprise d’activité après liquidation. Les règles exactes doivent être vérifiées au moment du dépôt du dossier, car elles dépendent de la date d’effet de la pension et de la nature de l’activité reprise. L’arbitrage ne se résume pas à partir tôt pour travailler demain. Il faut déterminer si les revenus futurs resteront cumulables et s’ils créeront de nouveaux droits.

Depuis les évolutions récentes du cumul emploi-retraite, une reprise d’activité après un cumul intégral peut permettre l’acquisition d’une seconde pension sous certaines conditions. Cette seconde retraite reste plafonnée et ne transforme pas le cumul en nouvelle carrière complète. Elle ne doit pas être confondue avec la surcote, qui suppose de poursuivre une activité avant la liquidation initiale.

Le salarié qui souhaite revenir chez son dernier employeur doit respecter un délai de carence de six mois pour éviter une suspension du versement de la pension de base. Ce délai concerne le régime général et doit être vérifié avec la caisse compétente. Reprendre chez un autre employeur peut répondre à des règles différentes, mais l’activité doit toujours être déclarée à la caisse dans le mois suivant la reprise.

Les indépendants et les professions libérales doivent faire examiner leurs règles par leur caisse, car les modalités de cumul et de création de nouveaux droits diffèrent selon les régimes. La retraite complémentaire des cadres et salariés du privé relève de l’Agirc-Arrco. Ses points, ses prélèvements et ses conditions de liquidation doivent être vérifiés séparément de la retraite de base. Ce décryptage des règles Agirc-Arrco à la retraite aide à distinguer les deux niveaux de pension.

La retraite anticipée carrière longue appelle une prudence supplémentaire. Partir avant l’âge légal grâce à ce dispositif ne donne pas automatiquement accès au cumul intégral. Il faut attendre l’âge légal applicable à sa génération pour que les limites de cumul disparaissent, même si la pension a été liquidée plusieurs années auparavant. C’est un point souvent mal compris par les personnes qui ont commencé à travailler avant 20 ans.

Avant de notifier un départ à l’employeur, il faut demander une estimation écrite des pensions et déclarer tout projet de reprise à la caisse. Une activité de consultant, de formateur ou de micro-entrepreneur reste une activité professionnelle au regard du cumul. Le statut choisi ne fait pas disparaître les règles de plafond, de carence ou de déclaration.

Le gel de l’âge légal peut donc rendre un départ de fin 2026 intéressant si la reprise d’activité est déjà préparée et compatible avec les règles en vigueur. Sans projet précis, liquider uniquement pour « garder une option » ferme des marges de manœuvre, car une pension attribuée ne se recalcule pas librement après coup.

La suspension de la réforme des retraites permet-elle à tous les salariés de partir plus tôt ?

Non. Elle concerne surtout les générations touchées par le relèvement progressif de l’âge légal, notamment les personnes nées en 1964 et 1965. La date exacte dépend du mois de naissance, du régime de retraite et de la date d’effet demandée.

Puis-je partir dès mon nouvel âge légal si des trimestres manquent ?

Oui, mais la retraite de base subit une décote si le taux plein n’est pas atteint. Il faut comparer la pension à cette date avec une simulation réalisée quelques mois plus tard.

Pourquoi l’année 2026 est-elle écartée en cas de départ en décembre ?

Dans le régime général, l’année du départ n’entre pas dans le calcul des 25 meilleures années. Un départ prenant effet en décembre 2026 exclut donc les revenus de 2026 du salaire annuel moyen.

Quand faut-il déposer sa demande de retraite ?

La demande doit être déposée environ cinq mois avant la date d’effet souhaitée sur le portail Info-retraite ou auprès de la caisse compétente. Le départ prend généralement effet le premier jour d’un mois.

Le cumul emploi-retraite est-il possible après une retraite anticipée carrière longue ?

Il est possible, mais le cumul intégral n’est pas toujours ouvert avant l’âge légal de départ applicable à la génération concernée. Une vérification auprès de la Carsat et de l’Agirc-Arrco est nécessaire avant toute reprise d’activité.

Rédigé par

Sylvie Girard

Newsletter

La Lettre Sereine

Conseils experts, actus retraite, guides gratuits — chaque mois dans votre boîte.

Sans spam. Désabonnement en 1 clic.