Finances & patrimoine
Retraite progressive : comment ça marche ?
En bref
- La retraite progressive permet de toucher une fraction de ta pension tout en travaillant à temps partiel, et l’âge minimal est abaissé à 60 ans pour les demandes prises en compte depuis le 1er septembre 2025.
- Il faut réunir au moins 150 trimestres pour en bénéficier ; la part de retraite versée est inversement proportionnelle à ta quotité de travail.
- La demande unique s’effectue en ligne ou par formulaire, au plus tôt 5 mois avant la date souhaitée ; l’accord employeur est requis et se présume accepté après 2 mois sans réponse.
- La retraite progressive n’empêche pas de cotiser : tu peux surcotiser sur la base d’un salaire à temps plein si l’employeur l’accepte, ce qui influence le calcul pension définitif.
Peu de temps ? Voilà ce qu’il faut retenir :
| Point | Repère chiffré | Organisme |
|---|---|---|
| Âge minimal | 60 ans (depuis le 01/09/2025) | Assurance retraite / Caisses |
| Durée d’assurance requise | 150 trimestres | Carsat / Caisses de base |
| Quotité de travail admise | 40 % à 80 % du temps complet | Employeur / Registre du travail |
| Délais de demande | Au plus tôt 5 mois avant | Site Info Retraite / Espace personnel |
Conditions d’éligibilité à la retraite progressive à partir de 60 ans
La retraite progressive s’ouvre désormais dès 60 ans pour les dossiers pris en compte à compter du 1er septembre 2025. Cette mesure change le calendrier pour beaucoup, mais elle conserve des conditions techniques précises. La première exigence reste la durée d’assurance : il faut justifier de 150 trimestres dans les régimes de base cumulés. Ces trimestres comprennent les périodes cotisées, assimilées (chômage, maladie), rachetées et reconnues équivalentes. Les majorations (enfant, prévention pénibilité) sont aussi prises en compte.
Si tu es salarié, l’accord de l’employeur est nécessaire pour passer à temps partiel. La règle administrative prévoit que l’absence de réponse dans un délai de deux mois vaut acceptation. La quotité de travail doit rester comprise entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle. Pour les salariés au forfait jours, l’équivalence est exprimée en jours travaillés : il faut rester entre 87 et 174 jours pour une durée maximale de 218 jours.
Qui est exclu du dispositif
Certaines situations ne sont pas compatibles avec la retraite progressive. Les VRP ne peuvent y prétendre sauf s’ils prouvent la durée effective à temps partiel. Les dirigeants sans contrat de travail ou certains artisans affiliés à une assurance volontaire peuvent être exclus. Les personnes bénéficiant d’une préretraite conventionnelle ne doivent pas cumuler ce statut avec la retraite progressive. Ces exclusions se vérifient dossier par dossier auprès de la caisse régionale.
Pour les travailleurs indépendants, la condition d’activité à temps partiel existe aussi, mais s’exprime en terme de réduction de revenus soumis à cotisations. La retraite progressive peut être délivrée si l’activité artisanale ou commerciale est exercée à titre exclusif et si la baisse de revenus respecte les seuils prévus.
La prise en compte des périodes acquises à l’étranger est possible si une convention de sécurité sociale lie la France avec le pays concerné. Concrètement, il faut fournir les justificatifs de périodes et de cotisations pour que la Carsat ou la caisse compétente les intègre au bilan des 150 trimestres. L’absence d’un élément peut retarder la décision et la mise en paiement.
Repère clé : la règle des 150 trimestres reste le filtre principal ; sans elle, la retraite progressive n’est pas attribuée. Cette précision doit guider la vérification de ta carrière avant toute demande.
Calcul de la pension en retraite progressive : base, complémentaire et cotisations retraite
Le calcul de la fraction versée en retraite progressive repose sur deux principes simples. Pour un salarié, la part de pension payée correspond à la différence entre 100 % et la quotité de travail. Concrètement, si tu travailles 65 % d’un temps complet, la fraction versée sera de 35 %. Pour un indépendant, le taux est proportionnel à la baisse effective des revenus soumis à cotisations ; une diminution de 40 % des revenus entraîne en pratique le versement de 40 % de la pension provisoire.
Le montant est d’abord calculé à titre provisionnel au moment de la demande. Cette retraite provisoire intègre les droits acquis au moment de la demande et la part complémentaire (points ARRCO/AGIRC, régimes libéraux) est partagée selon les mêmes règles. Chaque année, au 1er juillet, les caisses procèdent à un bilan : si la baisse de revenus s’est avérée plus faible que prévue, les trop-perçus peuvent être récupérés sur les échéances suivantes. À l’inverse, un supplément peut être accordé si la baisse est confirmée et plus importante.
Surcotisation possible : comment ça change la donne
Un point souvent mal connu : l’employeur peut, par accord écrit, autoriser le salarié en temps partiel à cotiser sur la base d’un salaire à temps plein. Si cet accord est activé, les cotisations retraite restent calculées sur le plein salaire et le droit futur à pension progresse comme si le temps plein avait été maintenu. Ce mécanisme coûte au présent (prélèvements plus élevés) mais il protège le niveau de la pension définitive.
Il faut savoir qu’une baisse de revenu inférieure à 20 % ne déclenche pas de versement de retraite progressive pour les indépendants. La mise en paiement est donc strictement encadrée par des seuils et un suivi régulier. Les caisses demandent des justificatifs et peuvent exiger la production des bilans comptables pour valider les diminutions de revenus chez les non-salariés.
La question du cumul avec d’autres revenus intervient aussi. Si le revenu tiré de l’activité à temps partiel atteint ou dépasse le niveau perçu avant la retraite progressive, le versement est supprimé à compter du 1er jour du mois suivant ce changement. Le mécanisme de cumul emploi-retraite s’applique différemment selon que la retraite devient définitive ou que la personne reprend une activité à temps complet.
Chiffre utile : la fraction versée est directement liée à la quotité de travail ; plus le temps partiel est élevé, moins la fraction de pension perçue est importante.
Démarches pratiques : déposer la demande, documents et délais
La demande de retraite progressive se réalise en une seule démarche pour l’ensemble des régimes, via le service en ligne « Demander ma retraite progressive » accessible depuis l’espace personnel Info Retraite ou le site de l’Assurance retraite. Le formulaire peut aussi être téléchargé et renvoyé par courrier à la caisse compétente. La demande doit être déposée au plus tôt cinq mois avant la date souhaitée de départ.
La liste des pièces à fournir est claire : contrat(s) de travail à temps partiel ou notice de réduction d’activité, attestation employeur mentionnant la durée de travail à temps complet applicable dans l’entreprise, déclaration sur l’honneur attestant de l’absence d’autres activités, et le cas échéant, justificatifs comptables pour les indépendants. Le numéro de sécurité sociale doit figurer sur chaque document transmis.
- Faire la demande en ligne via Info Retraite ou télécharger le formulaire et l’envoyer à la caisse régionale.
- Joindre l’attestation employeur et le ou les contrats de travail en cours.
- Conserver l’accusé de réception ; il sert de preuve pour les délais de traitement.
Après réception, l’Assurance retraite calcule une pension provisoire. Un reçu ou un numéro de dossier est attribué. La durée de traitement dépend de la complétude du dossier ; en pratique, prévoir 2 à 4 mois si des vérifications de carrière sont nécessaires, davantage si des périodes à l’étranger doivent être prises en compte. Pour les salariés, l’absence de réponse de l’employeur dans les deux mois vaut acceptation : ce mécanisme simplifie la procédure, mais il ne dispense pas d’envoyer la demande en recommandé si la situation est litigieuse.
Il faut anticiper la seconde étape : la demande de retraite définitive. La transition n’est pas automatique. Quand tu cesses toute activité et souhaites liquider ta retraite complète, une nouvelle demande est à déposer. La pension définitive sera recalculée en tenant compte des cotisations acquises pendant la période en retraite progressive.
Astuce pratique : envoyer la demande avec l’attestation employeur dès que la réduction d’activité est arrêtée et conserver une copie signée ; cela évite les contestations sur la date d’effet.

Révision, suspension et suppression : pièges et cas concrets à connaître
Le versement de la retraite progressive est soumis à des contrôles réguliers. Les caisses régionales envoient des questionnaires pour vérifier la situation d’activité. Si le questionnaire n’est pas retourné dans les délais, le paiement est suspendu. La suspension intervient également si la quotité de travail sort des limites 40 %–80 % ou si tu reprends une activité à temps plein.
La suppression définitive se produit dans plusieurs cas précis : cessation de l’activité à temps partiel suivie d’une demande de retraite définitive ; reprise d’un temps complet ; revenus d’activité atteignant ou dépassant le niveau antérieur. Pour les retraites progressives accordées avant le 1er janvier 2015, la règle de suppression en cas de descente en dessous de 40 % n’est pas systématique, ce qui crée des différences de traitement selon la date d’attribution.
Cas où le dispositif peut se retourner contre toi
Un piège fréquent concerne l’utilisation d’indemnités de départ. Si une indemnité permet de maintenir tout ou partie du revenu alors que le passage à temps partiel a été conçu pour demander une retraite progressive, la caisse peut refuser l’admission. Autre cas : la sous-estimation de la baisse de revenus pour un indépendant. Si, au bilan annuel, la diminution réelle est inférieure à la déclaration initiale, les trop-perçus sont récupérés.
La situation des personnes qui multiplient les activités est également délicate. La règle administrative impose une déclaration sur l’honneur de l’absence d’autres activités. Si une activité parallèle non déclarée est découverte, les conséquences peuvent aller du remboursement des sommes perçues jusqu’à la suppression définitive du dispositif.
Position tranchée : « Le PER après 62 ans, c’est rentable dans un cas sur trois. Le reste du temps, l’assurance vie fait mieux — et avec plus de souplesse à la sortie. »
Enfin, la gestion du cumul emploi-retraite mérite une attention particulière. Passer de la retraite progressive à la retraite définitive n’entraîne pas automatiquement la reprise des cotisations sociales comme avant : il faut vérifier le statut et les règles de cumul applicables. En cas de reprise d’activité, la réglementation sécurité sociale et les règles de cumul peuvent limiter les possibilités de percevoir simultanément salaire et pension complète.
Insight final : la retraite progressive offre une transition modulable, mais elle demande un suivi administratif rigoureux pour éviter les suspensions et les récupérations financières.
Quel est l’âge légal de départ pour bénéficier de la retraite progressive ?
Depuis le 1er septembre 2025, l’âge minimum est fixé à 60 ans pour les demandes prises en compte à partir de cette date. Pour les dossiers antérieurs, l’âge peut varier selon l’année de naissance.
Combien de trimestres faut-il pour être éligible ?
Tu dois justifier de 150 trimestres au total, toutes périodes reconnues et régimes confondus (cotisations, périodes assimilées, rachats possibles).
Quelle quotité de travail est autorisée en retraite progressive ?
La somme des activités à temps partiel doit être comprise entre 40 % et 80 % de la durée légale ou conventionnelle applicable. Pour les forfaits jours, cela équivaut à 87-174 jours travaillés sur un maximum de 218 jours.
Comment faire la demande et quels délais ?
La demande se fait via le service ‘Demander ma retraite progressive’ dans ton espace personnel ou par formulaire envoyé à la caisse régionale. La demande peut être déposée au plus tôt 5 mois avant la date souhaitée.
Que se passe-t-il si mon activité change pendant la retraite progressive ?
Tu dois informer ta caisse et fournir contrats et attestations. Le montant est revu le 1er jour du mois suivant la modification ; le non-respect des règles (quotité hors 40%-80%) peut entraîner une suspension ou suppression du versement.